Chronique du mille pattes 1

Même pour lever le doigt en classe, j’avais encore 999 pattes bien au sol, et depuis, ça continue. J’entends les vibrations de la terre, notre Pacha-mama, comme d’autres entendent le bruit des avions au-dessus de leur barbecue… C’est donc avec ma millième patte, pas toujours disciplinée, que je vais venir vous entretenir de temps en temps d’un sujet du jour ou de mes réflexions autour de nos préoccupations communes.
Pas facile de commencer une semaine où les attentats de Paris nous ont secoués – à juste titre – et où les débats sur leurs tenants et aboutissants envahissent nos média. On parle beaucoup des valeurs de la République, de la Démocratie, du vivre-ensemble. On s’inquiète des signes avant-coureurs de l’extrémisme et de la difficulté d’en tenir compte. Tiens, ça vous dit quelque chose ? Des choses tout-à-fait prévisibles et que l’on met de côté aussi longtemps qu’elles se passent ailleurs, mais dont on se préoccupe ex post, quand « c’est arrivé près de chez nous ».
Le seul chroniqueur qui, à ma connaissance, ait fait un lien sur l’échelle du danger, c’est Paul De Grauwe dans Le Soir du 10 janvier. Après sa contribution pas très originale sur religion et fanatisme, il pointe sa grande préoccupation « Le risque N°1, c’est le risque écologique… le problème, c’est qu’il est plus difficile à identifier… quand il y a une catastrophe naturelle, on ne sait pas avec certitude quelle est l’explication, tandis qu’avec les terroristes, c’est assez clair et facile ». Bravo à l’éminent Professeur pour sa préoccupation. Mais une mauvaise note pour son opinion sur le caractère imprécis des causes et des effets.
En réalité, il y a un grand parallèle entre le terrorisme et le bouleversement climatique. On connaît bien les causes. On a des idées sur les actions de prévention à moyen et long terme à mener. Mais on ne sait pas quand, où et comment les problèmes vont se déclencher. En attendant, on ne fait pas grand-chose. Pourtant, il faut espérer qu’il est encore temps d’agir. Il est bien triste que l’actualité nous donne ce parallèle, mais tirons-en au moins la leçon. Pour ne pas priver de ressources de vie ces générations futures que nous avons déjà sous les yeux, c’est aujourd’hui qu’il faut commencer – continuer pour beaucoup de nous – de changer notre rapport à la nature, nos modes de consommation, de transport, de vie, de convivialité. Luttons contre les œillères de notre société !
Allez, et bonne année quand même, hein ?

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