Pourquoi le climat ?

Constat en 2014 :

Nous sommes aujourd’hui de plus en plus certains que le changement climatique va affecter le monde entier, nos ressources les plus essentielles, notre mode de vie, nos rapports sociaux, notre sécurité…L’évidence scientifique est là. Le « résumé à l’attention des décideurs » du GIEC parue fin octobre 2014 confirme l’accroissement régulier et continu des émissions de gaz à effet de serre. Il dit que les mesures politiques à prendre seraient positives pour l’économie. En tout cas, il répète une fois de plus que le coût de l’inaction sera bien plus important que celui des investissements nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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…..et pourtant la réponse politique à ce défi reste encore très insuffisante à la fois au niveau mondial et au niveau européen et belge.

L’accord européen qui a été atteint fin octobre 2014 est considéré comme un succès parce qu’il y a eu consensus entre les 28, mais les objectifs sont insuffisants pour garder la planète à l’abri d’un réchauffement de plus de 2°.

L’accord entre la Chine et les USA a certes surpris tout le monde, mais il doit encore se traduire de façon plus large dans les prochaines conférences multilatérales, et surtout à Paris en décembre 2015.

 

Par ailleurs,  nous devons être conscients que notre genre de vie, de production, de consommation prélève sur les ressources de la planète une fois et demi ce qu’elle peut donner par an. Cette année 2014, le jour d’épuisement des ressources globales annuelles  était le 19 août. C’était le 1er octobre en 2000. Mais le rythme de prélèvement de la Belgique, étendu au monde, demanderait les ressources de plus de 4 planètes. Cette surexploitation se traduit par la disparition de forêts, d’écosystèmes naturels, d’espèces animales (population diminuées de 40% en 50 ans). Par tous les côtés, notre mode de vie se fragilise. Comme nous faisons des ponctions sur les ressources des pays moins développés, nous ne nous en rendons pas encore compte. Mais les pays pauvres veulent se développer et mangeront leur part du gâteau, un gâteau global que le changement climatique contribue à réduire chaque année.

 

Si, individuellement et au niveau des entreprises ou des communautés de vie, nous sommes capables de multiples gestes « bons pour la planète », nous sommes frustrés de leur petitesse en regard des enjeux, et que ce sujet reste en retrait de « l’agenda » social et politique.

Quelles sont les causes de cette relative « impuissance » ? 

Le changement climatique, même s’il a déjà produit des effets sur notre météo, reste un enjeu de long terme et la plupart des sociétés, même les plus sophistiquées, continuent à vivre à court terme, avec des échéances d’une ou de quelques années, le politique lui-même étant fixé sur les prochaines élections, les entreprises ayant l’œil rivé sur les mouvements de la Bourse, les ménages sur le salaire de la fin du mois. Plus la crise économique est profonde, moins les enjeux de long terme sont pris en considération.

Mais surtout, on le sait bien : lutter contre le changement climatique et réduire à temps notre ponction sur les ressources terrestres impliquent un autre mode de vie très économe en ressources, en énergie, en matière,…ce qui contredit totalement la logique du système économique dominant. Celui-ci demande à l’individu, aux familles, aux Etats, de consommer toujours plus et de pousser à consommer.

Enfin, plus fondamentalement, ce mode de vie, cette liberté de consommer, de se déplacer, de voyager, de communiquer en permanence au moyen d’appareils de plus en plus sophistiqués, …cela nous plaît, nous nous y sommes habitués, de même qu’à croire que la liberté de nos choix est un droit humain. Le fait est que nous ne percevons pas encore que certains choix de consommation dans les pays riches privent les habitants d’autres pays de droits élémentaires et plombent la barque commune sur laquelle nous naviguons.

Comment sortir de notre impuissance ?

Il faut démontrer que la réduction des émissions et des politiques d’adaptation sont un choix rationnel en matière économique, elles peuvent créer de la richesse, des emplois du bien-être, mais que tout retardement dans la prise de mesures les rendra plus chères et plus difficiles à vivre. C’est vraiment le message du GIEC aujourd’hui ; il s’agit de le diffuser.

Il faut donc faire monter la pression citoyenne sur les politiques ! sans quoi ceux-ci n’auront pas le courage de prendre les décisions qui s’imposent.

En Belgique, on a pu constater ces derniers mois un affaiblissement de la politique climatique ; elle était déjà affaiblie par les complications institutionnelles, aujourd’hui elle est un peu « dans le lac » selon tous les observateurs

Il nous faut aussi démontrer qu’il y a d’autres modèles désirables.

Heureusement de nombreux projets voient le jour, en matière d’habitat, de production et consommation alimentaire, de partage des ressources, de mobilité, … qui montrent des gens joyeux, solidaires, alliant travail et plaisir, reliant les générations,…

Simplicité, convivialité, respect, joie de vivre, relation harmonieuse avec la nature…sont les mots d’ordre chez ces porteurs de « transitions ». Ils sont encore marginaux mais font bouger les lignes sans aucun doute.

Mais sans demander à tous de s’engager dans une transformation radicale, de déménager, de partir cultiver la terre, etc.. il s’agit de valoriser les changements de consommation, de gestion, de comportements, grands et petits et relier les citoyens qui y participent. Relions les gens qui veulent que la planète aille mieux.

Enfin, pour aller à l’encontre du caractère « théorique » du changement climatique, la mobilisation  des cordes sensibles de notre esprit/cœur peut être une voie de transformation.

Il s’agit de généraliser la conscience que le futur c’est demain, que nos enfants, nos petits enfants, seront affectés et pourraient vivre vraiment dans un monde dangereux, si nous ne prenons pas aujourd’hui nos responsabilités.

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