Et moi je fais quoi ?

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••• Février 2024

Chaque jour, une dizaine de camions sillonnent le Namurois et récoltent en moyenne 20 tonnes d’encombrants en tout genre. « Et la moitié de ces déchets, c’est du bois, » explique Ludivine, une collaboratrice. C’est donc pour valoriser ces tonnes de bois que Marc Detraux, le fondateur de la Ressourcerie namuroise, a décidé de créer son propre atelier de menuiserie : Ravik Création.

Dans cet atelier, on démembre, on récupère, on scie et on assemble… Éric Nossaint en est le coordinateur. « Le boss s’est dit un jour : ‘On a vraiment trop de bois, que va-t-on en faire pour ne pas le jeter ?’ Il a donc décidé de se lancer dans le lamellé-collé. C’est le fait de récupérer tous les petits bouts de bois que d’autres ne voudraient pas. On va les assembler, les coller et en faire du mobilier contemporain ou autres aménagements, qu’on va ensuite revendre. Des tables, des bibliothèques, des placards… On fait de tout ! Et le bois revit. »

Source : RTBF

Cécile Fontaine

Votre événement est-il durable ?

La Belgique a adopté une charte durabilité pour la Présidence de l’UE 2024. Cette Charte traduit l’engagement des entités fédérales et fédérées impliquées dans la Présidence UE2024 à œuvrer pour une organisation la plus durable possible de leurs événements.

Mais nous aussi, nous organisons des événements, en famille, dans nos associations…

L’Institut Fédéral pour le Développement Durable vous propose un outil qui vous servira de guide dans l’organisation de votre événement et vous permettra également d’évaluer à quel point l’événement que vous organisez est durable.

Ce tableau peut vous aider (site, alimentation, hébergement)

Cécile Fontaine


••• Décembre 2023

Si je vous dis 440 millions de tonnes / an, ça ne vous dira probablement rien. 55Kg/terrien/an, ça parle un peu plus et 44kg de déchets plastiques /terrien/an en 2019, ça me fait réfléchir. Les prévisions : 127 Kg en 2060. J’avale de travers. Et pas que ma salive, du plastique aussi !

Que deviennent-ils ?

79% mis en décharge (durée de vie 450+ ans) ou dans la nature. Donc, aussi dans les océans, affectant partout gravement la biodiversité.
12% sont incinérés, produisant leur équivalent de CO2. Et 10% sont recyclés : de quoi nous faire passer juste quelques nuits plus au calme.
Le plastique, utilisé dans une somme astronomique de produits finis, a contribué à l’explosion de notre confort matériel. Mais soyons lucides : 40% du plastique sont utilisés une seule fois avant d’être jetés.

Et moi, je fais quoi ?

Voici les conclusions de l’article de La Libre du 16/10 qui m’a inspiré :
« Il en va de la question des plastiques comme de celle des changements climatiques et de la biodiversité. Cela fait plusieurs décennies que les scientifiques ont commencé à lancer l’alerte. Des solutions existent et sont connues. Mais les choses changent trop lentement. Les raisons sont partout les mêmes : procrastination des politiques plus intéressés par le court terme et leur ré-élection que par le long terme ; influence de puissants lobbies ; réticences au changement et incompréhension des citoyens devant la complexité des problèmes.
Il faut pourtant avancer. Plus on tarde, plus ce sera difficile, douloureux et coûteux. Et c’est un combat à mener main dans la main avec les gens qui luttent pour le climat. Ces combats ne sont pas distincts. Il s’agit de la même planète, de la même vie. »

Comment sortir de cette addiction ?

Voici déjà un conseil de Makesense (association française qui nous avait qualifiés de « assoc la plus sexy » et nous avait envoyé une lettre intitulée « Vieux croûtons, jeunes cons : la guerre est finie ») :

Poursuivez votre sombre projet de passer au “zéro déchet” way of life
On balance 10 millions de tonnes de plastique chaque année dans l’océan. À l’heure actuelle, pas moins de 200 millions de tonnes stagnent dans les fonds marins avant de se transformer lentement en micro-particules ingérées par les animaux. Ces déchets viennent en grande partie des emballages et on pourrait facilement les éviter. Inutile de vous fier au plastique biodégradable qui est un moindre remède à la pollution car comme le dit l’adage “le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas”. Il en va de même pour vos appareils électroménagers qu’il conviendrait de réparer plutôt que de les remplacer systématiquement.

Bref, moins on jette, mieux on se porte.

Extrait de : makesense.org

Yves Claus

En introduction du débat organisé à Namur par Canopea / les Shifters / Kaya le 5 octobre (Les entreprises face au climat – révolution ou évolution),
Emery Jacquillat, PFG de la CAMIF insistait sur le fait que les entreprises / les citoyens doivent

  • se sentir, se penser fragile, donc faire le pari de l’amour et s’associer
  • avoir les yeux ouverts, adopter une réponse verbale et une réponse motrice
  • prendre en compte les dernières générations.

Et rappelait les impacts respectifs :

  • des citoyens : maximum 20 %
  • de l’Etat : « accélérateur lent » maximum 25%
  • des entreprises : maximum 75 %. Elles sont donc le levier le plus puissant.

Mais il alertait sur l’effet du « triangle de l’inaction » : si personne ne bouge…
Les citoyens ont donc un rôle irremplaçable, par leur impact tant sur les autorités que sur les entreprises.
Pourtant, il nous arrive à tous de douter de l’utilité de nos actions, de penser que si « les autres » ne bougent pas, elles ne servent à rien.
Et aussi, à d’autres moments, de culpabiliser de ne pas en faire assez, de vivre mal nos incohérences.

Voici à ce propos un extrait de Makesense :
Dans un article qu’elle a signé pour la revue semestrielle Grain, la journaliste Anne-Sophie Novel décrit parfaitement ce qui se passe dans nos têtes d’écolo : « L’insouciance ne fait plus partie de mon monde. Elle m’a désertée, si bien que je rêve parfois d’une vie légère et linéaire […] dénuée de la sensation de salir et réchauffer le monde à chaque déplacement en voiture, chaque achat non-essentiel. Une vie sans avoir la désagréable sensation d’être à côté de la réalité. »
Comment est-ce qu’on s’arrange avec nos choix cornéliens ?

Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui culpabilisent ?
Voici deux conseils magiques pour ne pas toujours se fouetter :

Accepter qu’il est difficile d’être vertueux écologiquement parlant dans un monde qui ne l’est pas spécialement et qui fonctionne même selon des logiques opposées.
Déculpabiliser, parce qu’on est tous et toutes limité·es et qu’on ne peut être parfait·es.

Ouverture vers nos voisins européens, réalisée par Barbara Werner, membre de GPC.
Voici un livre radical devenu très populaire en Allemagne car il s’insère dans tout le débat autour de la “croissance durable/verte” qui est souvent préconisée pour combattre le réchauffement de la planète.
Or, c’est une illusion, il n’y a pas de croissance verte, dit l’auteure de plusieurs livres d’économie, qui a étudié l’histoire et la philo, journaliste à succès à la Tageszeitung. Car l’énergie verte ne va pas suffire pour subvenir à tous nos besoins en énergie, il nous faudra aussi de l’énergie en hiver par exemple, quand il n’y a parfois ni vent, ni soleil. A son avis, il n’y pas d’autre solution que “rétrécir notre économie”, voire de changer de système tout court, c.-à-d. abolir le capitalisme car c’est le système économique qui empêche tout changement radical, pourtant indispensable. Le capitalisme doit croître ou s’effondrer. Elle préconise l’économie circulaire radicale.
Après un aperçu historique assez long du capitalisme, qui est voué à la croissance sinon il s’écroule, l’auteure se penche sur l’idée de la “croissance verte” dont elle démonte les illusions : le CO2 ne va pas disparaître, le nucléaire reste une erreur, le problème du stockage de l’énergie persiste aussi (actuellement), la transition coûtera très cher, etc.

Le dernier chapitre traite de la fin du capitalisme quand, avec le rétrécissement de l’économie, celui-ci s’écroulera, les économistes ne fournissent pas non plus d’idées, etc. C’est là qu’elle arrive à suggérer l’exemple de l’économie de guerre de la Grande-Bretagne à partir de 1939 et ses avantages, une économie de plan qui aurait très bien fonctionné. La propriété privée était maintenue, la démocratie aussi, on a rationné les biens selon les besoins de tous, mais il n’y avait pas de manque et le système était considérée comme juste.
A y regarder de plus près, Ulrike Herrmann verrait venir, avec une économie circulaire ou “share economy” une compression de l’économie qui nous propulserait de retour à l’année 1978… où nous ne vivions pas dans la misère pour autant ni à l’âge de pierre ! Mais finie la consommation à excès qui n’a plus sa place à l’avenir, ni l’abondance, il faudra apprendre la sobriété – et à renoncer. L’époque qui nous attend est, selon elle, une économie de survie, déjà en cours, pour sauver l’humanité.

Barbara Werner

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