Récit de la marche par Eric Causin

Ils auraient pu jardiner, se prélasser, faire du vélo, jouer au golf, aux cartes ou au poker – mais non, ils étaient là ! Ils auraient pu récriminer, ronchonner, rouspéter, maugréer sous la tente – mais non, ils étaient là, pour appeler, pour espérer, lever les bras !

J’en ai vu un, puis dix, puis cent, puis un nombre incalculable, de toutes tailles et de tous visages. Même un aveugle, avec sa canne, avait voulu être là car, disait-il, si je baisse les bras, la vie s’effondrera !

Vieilles, vieux, ils l’étaient, mais ça ne se voyait pas : ils marchaient, souriaient, chantaient ; et même, ils dansaient. Oui, j’en ai vu au moins dix ou vingt danser sous les yeux des milliers de jeunes défilant devant eux. Ils étaient beaux, ils étaient grands, ils étaient légers, fiers d’être là !

Fiers de montrer que la fatalité n’existe pas, que l’avenir appartient à ceux qui voient les défis et les relèvent, qui connaissent les difficultés et les surmontent, qui peinent et continuent, pas à pas !

Ces gens-là n’avaient rien à gagner. Pour chacun, être là était un devoir et une joie. Donner de son temps pour ceux qui n’en ont pas, de son optimisme pour ceux qui en sont las. Et même, réclamer le sursaut, revendiquer… pourquoi pas ?

Nous avons vécu, et nous continuerons à vivre. À nos enfants, à nos petits-enfants, nous voulons laisser une terre à vivre ! En marchant pour le climat, aux leurs nous voulions joindre nos pas et nos voix !

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