Limiter à 100 km/h la vitesse sur autoroute : Une mesure efficace, équitable et solidaire !

L’Agence Internationale de l’Energie et la Commission Européenne la préconisent ; les experts en économies d’énergie l’intègrent parmi les premières mesures susceptibles de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles ; Vias (l’institut belge pour la sécurité routière) la soutient de façon nuancée : baisser la vitesse maximale autorisée de 10 ou même 20 km/h sur nos autoroutes est une mesure efficace, équitable et solidaire.  

C’est bon pour la planète et notre santé :

rouler moins vite réduit la consommation de carburant et en conséquence la pollution et les émissions de Gaz à effet de serre[1].

C’est bon pour le portefeuille :  

le coût du transport s’en trouve allégé (375 €/an selon Test Achats).

C’est bon pour la sécurité :

Vias anticipe une baisse des accidents mortels de 25 % si cette mesure est adoptée.

Et encore:

C’est bon pour favoriser la mise sur le marché et l’adoption par le public de véhicules plus petits, plus légers, plus économes en énergie et en matériaux : rouler à 100 km/h augmente le sentiment de rouler en sécurité et, ceci est particulièrement vrai lorsque l’on roule dans une petite voiture.

Et bien sûr, c’est solidaire avec l’Ukraine : rouler vite, c’est augmenter nos importations de pétrole, donc participer au financement de la guerre de Poutine.

Que d’avantages ! Alors pourquoi n’y sommes-nous pas encore ? Bien sûr, les défenseurs de la voiture, dans les lobbies comme dans l’opinion publique, sont à l’œuvre et sèment le doute : ceux qui refusent les mesures contraignantes s’ajoutent à ceux qui préfèrent que les autres s’y collent avant nous !  

Limitations de vitesse déjà en vigueur : Or justement d’autres pays le pratiquent déjà :  le 110 km/h est la règle en Suède et en Norvège, et le 100 km/h s’applique aux Pays Bas, (sauf entre 19 h et 6 h).

De plus, dans les zones suburbaines de Flandre et de Wallonie, les limites de 90 ou de 100 km/h sont déjà de mise sur beaucoup de tronçons. De façon disparate et souvent confuse pour l’automobiliste qui passe trois frontières régionales en une demi-heure autour de Bruxelles.

Mais l’obstacle est d’ordre culturel … et politique ! La vitesse est une valeur positive dans notre société, elle confère un sentiment d’excitation et de plaisir malgré les risques qu’elle fait courir, qui sont bien documentés. On a peur de toucher à nos « libertés ». Symboliquement en effet, cette limitation de vitesse est un nouveau pied de nez à tous ces moteurs puissants qu’on met sur le marché, annonçant au compteur des maxima de plus de 220 km/h.

C’est pourquoi, du côté politique, on hésite, ou alors on est franchement contre, mais peut-on indéfiniment négliger ce qui figure dans tous les rapports d’experts ?  

Comme souvent dans notre petit pays, les compétences sont partagées entre le fédéral et les Régions. La compétence de modifier le code de la route revient au Ministre fédéral de la Mobilité, mais les Ministres régionaux de la sécurité routière et de la Mobilité peuvent prendre des mesures plus ponctuelles. Et intégrer cette mesure dans les Plans Climat régionaux actualisés.

Rouler plus lentement pour vivre mieux

N’est-il pas temps de modifier notre regard sur la vitesse, sur la « liberté » de polluer  et de nous  mettre en danger  ?

Il s’agit de percevoir le gain en confort et l’apaisement que peut provoquer le fait de rouler « tranquille », plus fluidement. Le temps « perdu » qui n’excède pas quelques minutes sur les tronçons autoroutiers belges, le sera-t-il vraiment ? Slow, slow, slow… essayez, c’est gagné !

Ayons confiance ! Des mesures « gigantesques » et impopulaires au départ, ont été prises pour notre plus grand bien : l’interdiction de fumer dans les lieux publics, la priorité aux piétons, les limitations de vitesse en ville avec l’exemple récent du 30 km/h généralisé à Bruxelles,

Inutile d’attendre la finalisation des plans climat, prenons dès aujourd’hui les mesures les plus évidentes et qui ont le mérite d’être aussi socialement justes.

Les Grands-Parents pour le Climat, les Grootouders voor het Klimaat, avec l’appui d’ Inter Environnement Wallonie,  appellent les Ministres compétents à imposer cette limitation de vitesse sur autoroute sans plus attendre.

Thérèse Snoy  et Philippe Sonnet

Juillet 2022


[1] D’après Vias,  la consommation de carburant diminuerait de 10 à 20 % et L’Agence européenne de l’Environnement arrive aux mêmes estimations. À vitesse constante sur autoroute, une équipe de chercheurs a mesuré, pour les petites voitures de type « citadine », une diminution de 1,7 litre de carburant par 100 km, ce qui fait une économie de 20,4 %. À l’autre extrême, pour les véhicules de type SUV, ils ont constaté une diminution de 2,0 litres par 100 km, c’est-à-dire une économie de 17,9 %.

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