GENERATIONS, RESTONS SOLIDAIRES !

Il y a plus de 10 ans, nous avons lancé en Belgique francophone le mouvement des Grands-Parents pour le Climat. Nous étions motivés par l’inquiétude devant les menaces de dérèglement climatique que les scientifiques décrivaient pour l’avenir ; cet avenir concernait nos petits-enfants lorsqu’ils seraient adultes. Nous ne revendiquions pas pour nous-mêmes des avantages ou des protections supplémentaires, nous considérions avoir eu beaucoup de chance, nous les « boomers », d’avoir vécu les 30 glorieuses, pour la plupart, dans l’insouciance. Nous étions un peu honteux de l’insouciance largement partagée, alors que le message du Club de Rome « Halte à la croissance » sonnait déjà comme un éclair de lucidité en 1972.

Avec notre slogan « Une terre habitable pour nos petits-enfants », nous avons mis en avant la nécessaire solidarité intergénérationnelle dans le temps, celle qui se préoccupait des générations futures.  Il est clair que celle-ci n’est pas acquise aujourd’hui. Nous continuons à exploiter les ressources et les écosystèmes planétaires sans nous préoccuper de ce qui restera accessible pour la génération de nos petits-enfants et celles qui les suivent.

Aujourd’hui, le dérèglement climatique est plus rapide que prévu, surtout en Europe et dans la zone arctique. Nous enchaînons les records de chaleur et d’événements extrêmes d’année en année, et nous voilà tous victimes de ces canicules qui affectent notre santé, notre économie, note cohésion sociale. Tous, mais pas de la même manière : bien sûr les ménages les plus précaires en souffrent le plus, dans des conditions moins bonnes d’environnement et de logement. Tous, en Europe, mais plus en France qu’en Belgique qui reste légèrement plus tempérée. Tous, mais de façon bien différente selon nos âges et nos états de santé. La solidarité entre générations d’aujourd’hui est également en risque de rupture, tant il est nécessaire de protéger sérieusement l’ensemble des personnes âgées, les personnes fragiles et les nouveaux nés. Nos petits-enfants en âge de scolarité souffrent aussi vu l’état des bâtiments scolaires en fédération Wallonie- Bruxelles. Mais rien de convaincant n’est prévu en dehors des mesures provinciales de gestion des catastrophes, l’improvisation est de mise. Et chacun fait comme il peut. Heureusement, la solidarité au sein de la famille, du voisinage, du quartier peut nous aider dans l’attente de mesures structurelles à hauteur des enjeux aux niveaux communal , régional et fédéral.

La responsabilité de l’inaction contre les facteurs de réchauffement climatique, de l’absence de prévention et d’adaptation est bien sûr partagée ; mais elle est essentiellement le fait des gouvernements qui, inspirés par les climato-sceptiques, relativisent et reportent la priorité climatique aux calendes, qui cèdent aux sirènes des lobbies des énergies fossiles et mettent en « pause » la progression des politiques climatiques en Europe et en Belgique.

On en est au point où, quand un ministre comme Monsieur Crucke, prend ses responsabilités et demande une concertation entre niveaux de pouvoir pour faire face aux dangers des canicules, on le traite d’alarmiste. Et « on retourne à la piscine ».

Nous ferons les comptes en fin d’été : combien de décès de personnes âgées attribuables aux canicules, combien de recours aux urgences hospitalières, combien de cultures détruites, d’écosystèmes abîmés, …et ceux qui ont en mains les leviers de l’action en seront redevables.  

Dirigeants, ressaisissez-vous ! Préparez la prochaine canicule, anticipez les prochains épisodes météorologiques extrêmes, comme les orages de ce 28 juin ! 

Thérèse Snoy et Dominique Lemenu, fondatrices

Baudouin Van Overstraeten, Président des Grands-Parents pour le Climat

Vous aimerez aussi...

Newsletter Powered By : XYZScripts.com