Mille-pattes, chenille ou papillon ?

Le mille-pattes…. Le retour !!

Mais oui, sous l’ombre d’une feuille de catalpa, c’est bien votre mille-pattes qui se tortille. Il est sorti de sa torpeur volontaire. C’est qu’il avait peur de s’être …trumpé ! N’avait-il pas disserté sur les malheurs du changement climatique, effrayé les investisseurs, remué les compagnies pétrolières, tout cela au nom de prétendus rapports scientifiques convergents…

Du flanc ! Donald est arrivé, en Amérique s’il vous plait, et nous a rassurés : de pures inventions pour faire peur aux capitalistes et mettre en cause la pax americana ! Alors, vous comprenez, le mille-pattes était un peu penaud !

Il est donc parti dans le nord de l’Italie se rafraichir les idées dans les montagnes. Se rafraichir, façon de parler. Et qu’a-t-il entendu, dans la belle langue chantante de ce pays? Il n’y avait pas que dans notre petit coin de Wallonie qu’il ne pleuvait plus depuis trois mois. Que nenni ! Bien pire. En Ligurie, à un hiver sans neige – stations de ski fermées – a succédé un printemps sec (aïe pour les porcini, ces délicieux champignons). Et en juin, la canicule, à peine tempérée par l’altitude. Et quand le mille-pattes s’arrêtait dans l’un des rares bars de ces contrées fort dépeuplées, la télévision montrait les images hallucinantes des incendies de forêt du Portugal.

Mais alors, ça barde ! Le Donald, il a raconté des conneries (pardon, des bêtises). Le GIEC, il aurait raison ?

Echaudé, le mille-pattes est remonté vers le Nord, se disant qu’au moins, ast’heure, la petite Belgique devrait être un endroit cool, vraiment cool.

C’était il y a 15 jours. Essoufflée par deux jours d’auto-stop, le mille-pattes a retrouvé la canicule. Et même la nuit la plus chaude jamais enregistrée. Alors le mille-pattes s’est mis sous perfusion de rosée pendant trois jours. Un peu requinqué, mais toujours inquièt, ce matin-là, le mille-pattes est allé chercher son journal – vous savez, ce Soir qui se pointe le matin dans sa boite aux lettres. Celui du 23 juin. Saperlipopette ! Une page 3 à vous faire… chaud dans le dos. « Des canicules plus fortes, plus longues, plus fréquentes » « encore plus grave après 2050 ». Le mille-pattes court se mettre au frigo pendant quelques jours. Puis il entend avec soulagement la pluie tomber trois jours de suite. Ouf, aurait-il fait un mauvais rêve ? Non, la même gazette, en date du 1er juillet, lui dit « le premier mois d’été sera de plus en plus chaud à l’avenir » « sous la chaleur de juin, le réchauffement du climat ». Et maintenant c’est en Espagne que les forêts brûlent.

C’est pas de jeu ! Le mille-pattes avait diversifié ses avoirs et acheté des arbres accueillants en Bretagne, en Floride, en Norvège, au Kamchatka et à Madagascar pour passer ses vieux jours dans un printemps permanent. Rien de tout cela ne lui garantit sa survie. Et son abri à la mer du Nord risque d’être balayé jusqu’à Gand.

Voilà que le mille-pattes pense avec émotion aux cinq petites-filles de ses hôtes, et aux 3254 petits-enfants des GPC (3255 depuis une minute). Comment vivront-ils après 2050 ? Et même avant ? Le prochain rapport du GIEC nous dira-t-il la terrible vérité ? La COP 21 tient-elle encore la route ?

Mes amis, le mille-pattes a bien envie de devenir chenille pour devenir papillon. Oh, il ne vivrait pas longtemps, mais quelle beauté dans la nature, quelle joie de voler et de butiner près de la plaine de jeu. Que les enfants sont beaux, que les parents sont heureux quand ils les prennent dans leurs bras.

Papillon ou libellule ? Le mille-pattes est allé chercher son acte de naissance et les formulaires de naturalisation. A bientôt ! Une jolie chenille, ce serait chouette pour finir en beauté. Je connais des politiciens belges qui devraient en faire autant !

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